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Le Contexte

Avec une population estimée à 16 millions, le Burkina Faso est classé parmi les pays les moins avancés de la planète. Les femmes représentent 51.8 % de cette population jeune et à majorité rurale. Le pays tire une grande partie de ses ressources du secteur agro-sylvo-pastoral et plus récemment de l’exploitation minière.

Les plans de développement se succèdent mais aucun n’est arrivé à faire sortir le pays de la pauvreté. Le gouvernement a adopté en 2016. Le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) qui prend en compte les Objectifs du Développement Durable (ODD) fixés par le Programme des Nations Unies pour le Développement(PNUD). Le PNDES entend impulser une croissance économique susceptible d’avoir un fort impact au niveau social.

Parmi les secteurs porteurs de ce plan figure en bonne position le secteur de la culture. En effet, La richesse de son patrimoine culturel aussi bien matériel, qu’immatériel, l’organisation de plusieurs festivals de danse, de théâtre, de masques, de lutte, de cinéma etc. ont assis la notoriété culturel du Pays au-delà de ses frontières. Une étude menée en 2012 a permis de mettre en exergue l’apport de la culture aussi bien sur le plan social qu’économique.

Sur le plan social, des mécanismes de régulation sociale comme la parenté à plaisanterie ; le brassage ethnique et les mariages entre les différentes communautés ont permis de maintenir une paix sociale nationale tout en préservant la diversité culturelle des communautés.

Sur le plan économique, il est ressorti que la culture a généré en 2009, 79 677 millions de CFA en termes de création de richesse, 164 592 personnes ont été employées en 2009 dans le secteur, représentant 1,78% des actifs occupés contribuant ainsi pour un taux de 2,02 % au PIB national.

Connu comme le pays du cinéma en Afrique grâce au FESPACO, au rayonnement des productions burkinabè tous genres confondues à des festivals à travers le monde, et à de grands réalisateurs comme feu Idrissa Ouédraogo, Pierre Yaméogo, Fanta Regina Nacro et Gaston Kaboré, ApollineTraoré etc., le Burkina Faso est une référence en matière de production cinématographique en Afrique. L’industrie cinématographique est pour ainsi dire un des secteurs les plus dynamiques et porteurs de la culture burkinabè.

Même si la fermeture de la principale société de distribution, la SONACIB, a entrainé la disparition de nombreuses salles à travers tout le pays, le Burkina Faso est l’un rare pays en Afrique où il existe des salles de cinéma fonctionnelles et où les cinéphiles se déplacent pour voir des films produits localement.

Longtemps pénalisé par la fermeture de la principale école de formation l’'Institut Africain d'Education Cinématographique l’INAFEC qui a vu naitre la première génération de cinéastes, le cinéma burkinabè a eu un souffle nouveau avec l’ouverture de l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS).

L’avènement du numérique a réduit de façon considérable le coût de production des films en conduisant à la production de films à petits budgets dit films low budget avec comme précurseur Boubakar Diallo qui a en une décennie produit 16 longs métrages et cinq séries. Notons que ce cinéma reste malgré tout dépendant des subventions nationales et internationales qui du reste se raréfient.

Parmi ces films produits chaque année un constat s’impose : très peu de films sont produits par des femmes tandis que la plupart des thèmes abordés dans ces films tournent autour de la problématique de la femme. En somme, il s’agit de films qui décryptent la femme burkinabè moderne du point de vue de l’homme et la majorité des cinéphiles qui se bousculent pour voir ces films sont des femmes.

La politique nationale genre qui ambitionne bannir les disparités hommes - femmes dans tous les secteurs n’a visiblement pas atteint le milieu du cinéma.

Mêmes les métiers traditionnels de femmes au cinéma comme ceux de scripte et de monteuse comptent deux fois plus d’hommes que de femmes au Burkina. Seul le poste de maquilleuse compte 100% de femmes à qui il manque d’ailleurs la formation. Les quelques chefs opératrices et ingénieures de son qui ont étés formées à l’ISIS ont tôt fait de se résumer à filmer les mariages car difficile pour elles de se faire recruter par les productions.

C’est pour cela et pour accompagner les femmes dans leur volonté d’être présentes, efficaces et compétentes au niveau de l’industrie cinématographique et audiovisuel qu’est née l’association TAAFE VISION .

L' Association

Taafé Vision est une association à but non lucratif, apolitique et à connotation non religieuse. «Taafé » signifie en langue locale bambara le pagne, symbole de la femme africaine. Taafé Vision signifie ainsi littéralement vision de femmes ou regard de femmes.

L’objectif principal de Taafé Vison est d’oeuvrer à une plus grande représentativité de la femme dans l’industrie cinématographique et plus spécifiquement d’oeuvrer à ce que la femme soit plus présente et bien représentée aussi bien derrière que devant la caméra. Il est essentiellement question de promouvoir une expression cinématographique et audiovisuelle du point de vues de la femme, d’utiliser le cinéma et l’audiovisuel comme moyens d’expression de la femme.

L’art en plus de sa fonction de divertissement est aussi un moyen fort d’expression, d’éducation et de revendications. Taafé Vision entend se servir de l’audiovisuel comme moyen d’autonomisation et de revalorisation du potentiel socio-économique de la femme.